{"id":885,"date":"2011-07-29T11:33:30","date_gmt":"2011-07-29T09:33:30","guid":{"rendered":"http:\/\/lettresoubliees1418.fr\/wordpress\/?p=885"},"modified":"2011-07-21T14:35:51","modified_gmt":"2011-07-21T12:35:51","slug":"lettre-du-4-avril-1917-de-marcel-sibaud","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lettresoubliees1418.fr\/wordpress\/2011\/07\/lettre-du-4-avril-1917-de-marcel-sibaud\/","title":{"rendered":"Lettre du 4 avril 1917 de Marcel Sibaud"},"content":{"rendered":"<h4>Valr\u00e9as, le 4 avril 1917<\/h4>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ma petite ch\u00e9rie,<br \/>\nJe me r\u00e9jouissais trop \u00e0 la pens\u00e9e de venir passer quelques instants \u00e0 Paris ! Je me tenais ce raisonnement puisque je n\u2019ai pas pris les 48 heures qui m\u2019\u00e9taient offertes au d\u00e9but de mars et cela autant par scrupule de conscience qu\u2019\u00e0 cause des difficult\u00e9s de transport. En les joignant aux vacances de P\u00e2ques, je pourrai arriver \u00e0 quelque chose d\u2019int\u00e9ressant bien que quand m\u00eame inf\u00e9rieur \u00e0 ce que la circulaire minist\u00e9rielle accorde aux p\u00e8res de famille. Ce matin donc je demandais la suite donn\u00e9e \u00e0 mon affaire ; le capitaine avait oubli\u00e9 d\u2019en parler. Il en parla au colonel au rapport et ce soir il m\u2019annon\u00e7ait que sans que cela soit encore d\u00e9finitif, je partirai comme les autres mais que tandis que ceux-ci doivent \u00eatre rentr\u00e9s le mardi midi, je n\u2019aurais \u00e0 rentrer que le mardi soir. Ainsi des pauvres 48 heures non prises au d\u00e9but de mars, il me resterait 8h cependant il y a quelques semaines un autre \u00e9l\u00e8ve pour une naissance \u00e0 eu 48 heures qu\u2019il a pu prendre et il en a encore 48 cette fois. J\u2019ai appel\u00e9 l\u00e0-dessus l\u2019attention du capitaine qui m\u2019a dit qu\u2019il ferait son possible mais que je ne devrais gu\u00e8re compter sur plus.<br \/>\nD\u2019apr\u00e8s de nouveaux renseignements, le train de permissionnaires de Mont\u00e9limar existe toujours. Avec beaucoup de mal j\u2019ai pu retenir une place \u00e0 la voiture. Je ferai le trajet avec Bernados. Sauf retard j\u2019arriverai \u00e0 Paris dimanche vers 7 heures du matin (impossible de savoir ici l\u2019heure exacte). Pour revenir il me faudrait partir le lundi soir \u00e0 20h15, train poste mais il est possible qu\u2019on m\u2019en refuse l\u2019acc\u00e8s. Je devrais alors partir \u00e0 7h45 du matin ce qui m\u2019am\u00e8nerait \u00e0 Valr\u00e9as \u00e0 11h2 comme les autres permissionnaires. Je n\u2019aurais pas 24 heures \u00e0 passer \u00e0 la maison. Je suis navr\u00e9 et n\u2019ai gu\u00e8re d\u2019espoir dans la r\u00e9ponse de demain.<br \/>\n<span style=\"color: #ff6600;\">Avec cela je suis pas mal fatigu\u00e9. Apr\u00e8s avoir man\u0153uvr\u00e9 toute la journ\u00e9e et assist\u00e9 \u00e0 une conf\u00e9rence. Juste en rentrant j\u2019allais me coucher assez tard vers 10h \u00bc quand l\u2019ordre arrive de se rassembler pour 10h45. Certains dormaient d\u00e9j\u00e0 heureusement je n\u2019avais qu\u2019\u00e0 peine commenc\u00e9 \u00e0 me d\u00e9shabiller. Nous avons commenc\u00e9 par attendre pr\u00e8s de \u00be d\u2019heure en plein champ par clair de lune superbe mais plut\u00f4t frais. Nous sommes all\u00e9s prendre les tranch\u00e9es \u00e0 plusieurs kms ; alors exercice de rel\u00e8ve, de tir au fusil et \u00e0 la grenade avec fus\u00e9es \u00e9clairantes. C\u2019\u00e9tait joli mais nous sommes rentr\u00e9s \u00e0 2 heures du matin et ce matin debout \u00e0 7 heures. Ce soir man\u0153uvre toute la matin\u00e9e et toute la soir\u00e9e. Vendredi de m\u00eame l\u2019apr\u00e8s-midi et un exercice de bataillon. Nous serons alors m\u00fbrs pour nous offrir 50 heures de voyage en 72 heures.<\/span><br \/>\nLe capitaine ne peut en si peu de temps venir \u00e0 Paris ; peut-\u00eatre aurai-je une petite commission pour lui.<br \/>\nLe cadeau de Mme Barrault est tr\u00e8s gentil ; les oreillons qu\u2019a eus son fils sont en effet une tr\u00e8s grave maladie pour les grandes personnes. D\u00e9j\u00e0 quand je les avais eus vers 14 ans, comme Gustave craignait beaucoup les complications.<br \/>\nLe capitaine savait que Mme Codech\u00e8vre va un petit peu mieux. Il ignorait encore le r\u00e9sultat de la visite de Georges. A ce que tu me dis le m\u00e9tier militaire ne para\u00eet pas lui bien r\u00e9ussir.<br \/>\nJe me demande ce qu\u2019il faut penser des Oudard et si leur excuse est sinc\u00e8re. Mais apr\u00e8s tout peu nous importe. Ce n\u2019est pas nous qui aurions quoi que ce soit \u00e0 nous reprocher.<br \/>\nC<span style=\"color: #800080;\">e que tu me dis de Toto m\u2019a \u00e9t\u00e9 bien sensible. Pauvre petit, je ne lui souhaite pas de devenir colonel \u00e0 moins que ce ne soit sa vocation bien arr\u00eat\u00e9e quand il sera capable de raisonner. A d\u00e9faut de cette vocation, point n\u2019est besoin d\u2019\u00eatre\u00a0 soldat de m\u00e9tier. Il suffit de pouvoir \u00e0 l\u2019occasion se transformer dignement en soldat, homme de troupe et officier et son enthousiasme d\u2019enfant est de bon augure \u00e0 cet \u00e9gard. Qu\u2019il aime ce qui est militaire non comme une fin id\u00e9ale mais comme une n\u00e9cessit\u00e9 de soldat. Et surtout qu\u2019il n\u2019oublie jamais que la haine du boche doit \u00eatre ind\u00e9racinable dans le c\u0153ur de tout petit Fran\u00e7ais, m\u00eame de ceux dont ils n\u2019ont pas tu\u00e9 le papa.<\/span><br \/>\nQuant aux v\u0153ux que tu formes pour l\u2019avenir de nos chers petits, je ne puis qu\u2019y souscrire : gait\u00e9, un peu d\u2019aplomb, travailleur et intelligence pour Yves ; bonne culture pour la petite. C\u2019est voir les choses sainement et ce qu\u2019on con\u00e7oit bien ne s\u2019\u00e9nonce pas seulement ais\u00e9ment mas s\u2019ex\u00e9cuterai plus facilement.<br \/>\nL\u2019augmentation en poids de la petite me satisfait tout \u00e0 fait.<br \/>\nTu as bien fait d\u2019aller voir M. Billard. Il est bien gentil ; je lui enverrai un mot un de ces jours.<br \/>\nNe t\u2019inqui\u00e8te pas pour moi du manque de feu. Je ne sais plus gu\u00e8re ce que c\u2019est. Et puis pour le temps que j\u2019aurai \u00e0 rester, je n\u2019aurai pas le loisir d\u2019avoir froid.<br \/>\nCe qui m\u2019ennuie le plus, c\u2019est ce que sera le train des permissionnaires. Heureusement ma qualit\u00e9 de sous-officier me sera-t-elle utile peut-\u00eatre.<br \/>\nSi je ne peux faire mieux, je te t\u00e9l\u00e9graphierai mon heure d\u2019arriv\u00e9e.<\/p>\n<p>Je te quitte en t\u2019embrassant mille et mille fois ainsi que les petits.<br \/>\nTon Marcel.<br \/>\nAmiti\u00e9s aux mamans.<\/p>\n<br \/><g:plusone size=\"\" href=\"https%3A%2F%2Flettresoubliees1418.fr%2Fwordpress%2F2011%2F07%2Flettre-du-4-avril-1917-de-marcel-sibaud%2F\"><\/g:plusone>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Valr\u00e9as, le 4 avril 1917 &nbsp; Ma petite ch\u00e9rie, Je me r\u00e9jouissais trop \u00e0 la pens\u00e9e de venir passer quelques instants \u00e0 Paris ! 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