{"id":818,"date":"2011-07-09T11:26:43","date_gmt":"2011-07-09T09:26:43","guid":{"rendered":"http:\/\/lettresoubliees1418.fr\/wordpress\/?p=818"},"modified":"2011-07-05T15:29:54","modified_gmt":"2011-07-05T13:29:54","slug":"lettre-du-24-mars-1917-demilie-sibaud","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lettresoubliees1418.fr\/wordpress\/2011\/07\/lettre-du-24-mars-1917-demilie-sibaud\/","title":{"rendered":"Lettre du 24 mars 1917 d&rsquo;Emilie Sibaud"},"content":{"rendered":"<h4>Vincennes, le 24 mars 1917<\/h4>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mon ch\u00e9rie,<br \/>\nJ\u2019ai re\u00e7u ta lettre \u00e0 3h \u00bd, j\u2019allais r\u00e9pondre aussit\u00f4t, quand j\u2019ai en \u00e9t\u00e9 emp\u00each\u00e9e. D\u2019abord le facteur apportait 2 colis de Clermont le petit paletot de Marie et des bas pour Yves et s\u0153urette de Tante Marie. Ensuite les Gallo sont arriv\u00e9s apportant des brassi\u00e8res pour s\u0153urette et un livre amusant et du chocolat pour Yves. Suzanne a gard\u00e9 s\u0153urette sur ses genoux presque tout le temps, elle n\u2019a pas pleur\u00e9 une minute. J\u2019ai su ce qu\u2019avait \u00e9crit mon oncle, qu\u2019il te connaissait intimement depuis longtemps, qu\u2019il avait pu t\u2019appr\u00e9cier, etc. que tu \u00e9tais d\u2019une sant\u00e9 d\u00e9licate et que tr\u00e8s \u00e9nergique tu irais jusqu\u2019au bout, mais qu\u2019il avait entendu dire que Valr\u00e9as \u00e9tait tr\u00e8s dur et qu\u2019il esp\u00e9rait que l\u2019on aurait quelque m\u00e9nagement pour toi, enfin c\u2019\u00e9tait tourn\u00e9 certainement mieux que moi. J\u2019ai cru comprendre que le capitaine lui avait r\u00e9pondu et il n\u2019a pas l\u2019air de trouver mal la r\u00e9ponse, alors je n\u2019y comprends plus rien !<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dimanche matin<br \/>\nHier j\u2019ai pes\u00e9 s\u0153urette, je crois qu\u2019on t\u2019\u00e9crivant trop vivement, j\u2019ai fait une erreur, c\u2019est 4 k 300 g qu\u2019elle p\u00e8se toute nue. Je l\u2019ai not\u00e9 pour ne plus oublier, elle est plus forte qu\u2019Yves au m\u00eame \u00e2ge ; il ne pesait pas tout \u00e0 fait 4 k.<br \/>\n<span style=\"color: #003366;\">J\u2019oubliais de te dire que mon oncle a l\u2019air content des progr\u00e8s sur notre front et esp\u00e8re qu\u2019il n\u2019y aura pas de campagne d\u2019hiver et compte plus sur son influence pour toi au corps qu\u2019\u00e0 Valr\u00e9as o\u00f9 en somme il n\u2019y a qu\u2019\u00e0 la sortie que le minist\u00e8re puisse faire quelque chose. Il pense qu\u2019il n\u2019y a pas de raison pour que tu ne viennes pas \u00e0 P\u00e2ques, que tu as toujours droit \u00e0 la permission de naissance.<\/span><br \/>\nJe suis bien ennuy\u00e9e de songer que ton dimanche va peut-\u00eatre encore se passer \u00e0 travailler. Est-ce que c\u2019est bien comme note \u00ab assez bien \u00bb ? Moi je ne me rends pas compte, en tout cas tu peux dire qu\u2019il est bizarre ! ton capitaine !<br \/>\n<span style=\"color: #800080;\">Comme toi mon ch\u00e9ri, je suis heureuse que nous ayons nos chers petits, de les voir si beaux et puis pour moi c\u2019est un peu de toi, de ta personne que je garde aussi vers moi, qui revis en eux.<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #800080;\">C\u2019est dimanche ! Le soleil brille, j\u2019ai mis le berceau de Marcelle au soleil dans la chambre de maman. Je t\u2019\u00e9cris pr\u00e8s d\u2019elle, malgr\u00e9 le ciel uniform\u00e9ment bleu mon c\u0153ur reste gris, le dimanche encore plus particuli\u00e8rement si cela se peut<\/span>. Je ressens plus vivement ton absence. Je me sentais une folle envie de pleurer en habillant s\u0153urette, en la voyant si jolie dans toute cette blancheur. Je ne pouvais m\u2019emp\u00eacher de songer qu\u2019\u00e0 Yves tu \u00e9tais \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de moi, que tu partageais ma joie de d\u00e9couvrir chaque jour un progr\u00e8s nouveau. A quoi bon regarder toujours derri\u00e8re soi ! Il faut esp\u00e9rer en l\u2019avenir ! Se dire que les beaux jours reprendrons ! Que nous serons encore r\u00e9unis ! Que nous pourrons encore \u00eatre heureux.<br \/>\nJe te quitte mon ch\u00e9ri. Je ne te lirai pas aujourd\u2019hui. Le dimanche, ce n\u2019est pas [?]. J\u2019ai vu ta m\u00e8re hier au soir, elle est venue parce qu\u2019elle ne viendra pas aujourd\u2019hui. Elle va toujours, je crois.<br \/>\nAu revoir, \u00e0 bient\u00f4t de tes bonnes nouvelles. Je t\u2019embrasse mille et mille fois. Yves et notre petite \u00ab Tranquille \u00bb t\u2019envoient leurs plus tendres caresses et leurs plus beaux baisers.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\nTout \u00e0 toi.<br \/>\nEmilie<\/p>\n<br \/><g:plusone size=\"\" href=\"https%3A%2F%2Flettresoubliees1418.fr%2Fwordpress%2F2011%2F07%2Flettre-du-24-mars-1917-demilie-sibaud%2F\"><\/g:plusone>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Vincennes, le 24 mars 1917 \u00a0 Mon ch\u00e9rie, J\u2019ai re\u00e7u ta lettre \u00e0 3h \u00bd, j\u2019allais r\u00e9pondre aussit\u00f4t, quand j\u2019ai en \u00e9t\u00e9 emp\u00each\u00e9e. 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