{"id":643,"date":"2011-06-06T11:17:04","date_gmt":"2011-06-06T09:17:04","guid":{"rendered":"http:\/\/lettresoubliees1418.fr\/wordpress\/?p=643"},"modified":"2011-06-05T22:20:46","modified_gmt":"2011-06-05T20:20:46","slug":"lettre-du-11-mars-1917-de-marcel-sibaud","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lettresoubliees1418.fr\/wordpress\/2011\/06\/lettre-du-11-mars-1917-de-marcel-sibaud\/","title":{"rendered":"Lettre du 11 mars 1917 de Marcel Sibaud"},"content":{"rendered":"<h4>Valr\u00e9as, le 11 mars 1917<\/h4>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ma petite ch\u00e9rie,<br \/>\nEncore une journ\u00e9e pas trop mauvaise, autant que peut l\u2019\u00eatre un dimanche pass\u00e9 si loin de chez nous.<br \/>\nA vrai dire pourtant j\u2019ai assez mal dormi car hier soir a \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9 par un incident p\u00e9nible. Je m\u2019\u00e9tais couch\u00e9 de bonne heure, en m\u00eame temps que Bernados, et \u00e9tait dans mon premier sommeil lorsque nous avons \u00e9t\u00e9 r\u00e9veill\u00e9s en sursaut pas <span style=\"color: #ff6600;\">le vacarme fait par quelques \u00e9l\u00e8ves attard\u00e9s \u00e0 la coutume et compl\u00e8tement gris.<\/span> Ils sont entr\u00e9s et ont plac\u00e9 des fusils, des outils dans le lit de ceux de leurs camarades de ripaille qui \u00e9taient rest\u00e9s \u00e0 la cantine. <span style=\"color: #ff6600;\">Puis ils sont partis \u00ab remettre \u00e7a \u00bb.<\/span> Vers une heure toute la bande est revenue. L\u2019un ne tenait plus debout, les autres ne valaient gu\u00e8re mieux. Un ancien \u00e9l\u00e8ve de l\u2019\u00e9cole des Chartes a renvers\u00e9 le po\u00eale en titubant par 2 fois de suite. <span style=\"color: #ff6600;\">Arriv\u00e9 \u00e0 son lit il y a trouv\u00e9 un fusil. Il n\u2019a rien trouv\u00e9 de mieux que d\u2019\u00e9pauler et de tirer. Or il y avait une cartouche, \u00e0 blanc il est vrai mais Bernados n\u2019\u00e9tait qu\u2019\u00e0 4 ou 5 m\u00e8tres en face. Heureusement le d\u00e9part du coup a fait relev\u00e9 le fusil de l\u2019ivrogne et la balle de carton a \u00e9t\u00e9 se perdre dans le plafond.<\/span> Par bonheur il n\u2019y en avait pas d\u2019autres. L\u00e0 dessus gros \u00e9moi. La pi\u00e8ce \u00e0 c\u00f4t\u00e9 qui fait toujours du vacarme ne pouvait supporter qu\u2019il y en ait une fois chez nous, gens d\u2019ordinaire tranquilles. <span style=\"color: #ff6600;\">L\u00e0-dessus invectives, paroles regrettables et peu s\u2019en fallut que cela ne d\u00e9g\u00e9n\u00e8re en pugilat.<\/span> Cela finit pourtant par se calmer. Mais peu apr\u00e8s il y en avait deux qui vomissaient dans la pi\u00e8ce. <span style=\"color: #ff6600;\">Pour des \u00e9l\u00e8ves officiers, c\u2019\u00e9tait assez joli. Je n\u2019ai rien vu de pareil chez les marsouins.<\/span><br \/>\nEnfin le matin est arriv\u00e9. J\u2019ai fait mon m\u00e9nage et me suis lav\u00e9 \u00e0 fond avec b\u00e9atitude. Puis j\u2019ai pr\u00e9par\u00e9 un petit colis pour vous. Apr\u00e8s le d\u00e9jeuner j\u2019ai eu ta lettre. L\u2019apr\u00e8s-midi j\u2019ai travaill\u00e9 avec Bernados. Nous nous entendons fort bien. Dimanche prochain j\u2019irai \u00e0 La Palud chez les dames\u00a0 Salignon. Mais le dimanche d\u2019apr\u00e8s nous excursionnerons avec Bernados.<br \/>\nCeci dit je r\u00e9ponds \u00e0 ta lettre. Tu vois que quoique mises toujours \u00e0 la m\u00eame heure, mes lettres n\u2019\u00e9chappent pas aux irr\u00e9gularit\u00e9s du service. Il en a \u00e9t\u00e9 de m\u00eame des tiennes et je te le r\u00e9p\u00e8te je serai vraiment d\u00e9sol\u00e9 que ce petit retard jet\u00e2t une ombre dans les relations avec maman. J\u2019esp\u00e8re du reste qu\u2019il n\u2019est rien et qu\u2019en sortant de B\u00e9guin vous vous serez trouv\u00e9s r\u00e9unis autour de nos chers petits mignons.<br \/>\nAinsi il neige encore \u00e0 Paris ? Avez-vous au moins assez chaud ? Prends bien garde au froid ?<br \/>\nPauvre Armelle ! Elle ne sort jamais des tribulations ; c\u2019est gentil \u00e0 elle d\u2019\u00eatre venue par ce vilain temps. Quand tu la verras ne manque pas de lui dire combien je suis sensible au bon souvenir de son mari et le plaisir que j\u2019aurais si nos affectations coloniales pouvaient nous rapprocher.<br \/>\nMerci d\u2019avance pour le colis quoique je ne manque de rien. Enfin cela me permettra d\u2019\u00e9conomiser par-ci par-l\u00e0 \u00e0 cause de ce que j\u2019aurais \u00e0 d\u00e9jeuner les prochains dimanches. Situation de caisse, loyer pay\u00e9. 36 frs.<br \/>\nLe retour du beau temps m\u2019a fait du bien. Je me sens bien et n\u2019ai pas \u00e9t\u00e9 \u00e0 la visite. Je termine en t\u2019embrassant mille et mille fois ainsi que les petits.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\nTon Marcel<\/p>\n<p>Amiti\u00e9s aux mamans.<\/p>\n<br \/><g:plusone size=\"\" href=\"https%3A%2F%2Flettresoubliees1418.fr%2Fwordpress%2F2011%2F06%2Flettre-du-11-mars-1917-de-marcel-sibaud%2F\"><\/g:plusone>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Valr\u00e9as, le 11 mars 1917 &nbsp; Ma petite ch\u00e9rie, Encore une journ\u00e9e pas trop mauvaise, autant que peut l\u2019\u00eatre un dimanche pass\u00e9 si loin de chez nous. 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