{"id":366,"date":"2011-04-18T11:31:51","date_gmt":"2011-04-18T11:31:51","guid":{"rendered":"http:\/\/lettresoubliees1418.fr\/wordpress\/?p=366"},"modified":"2011-04-18T16:04:20","modified_gmt":"2011-04-18T16:04:20","slug":"lettre-du-17-fevrier-1917-demilie-sibaud","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lettresoubliees1418.fr\/wordpress\/2011\/04\/lettre-du-17-fevrier-1917-demilie-sibaud\/","title":{"rendered":"Lettre du 17 f\u00e9vrier 1917 d&rsquo;Emilie Sibaud"},"content":{"rendered":"<h4>Vincennes, le 17 f\u00e9vrier 1917<br \/>\nSamedi matin<\/h4>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a rel=\"attachment wp-att-367\" href=\"http:\/\/lettresoubliees1418.fr\/wordpress\/2011\/04\/lettre-du-17-fevrier-1917-demilie-sibaud\/img_2128-640x480-2\/\"><img loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-thumbnail wp-image-367\" title=\"Emilie Sibaud\" src=\"http:\/\/lettresoubliees1418.fr\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2011\/04\/IMG_2128-640x480-112x150.jpg\" alt=\"Emilie Sibaud\" width=\"112\" height=\"150\" srcset=\"https:\/\/lettresoubliees1418.fr\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2011\/04\/IMG_2128-640x480-112x150.jpg 112w, https:\/\/lettresoubliees1418.fr\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2011\/04\/IMG_2128-640x480-225x300.jpg 225w, https:\/\/lettresoubliees1418.fr\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2011\/04\/IMG_2128-640x480.jpg 360w\" sizes=\"(max-width: 112px) 100vw, 112px\" \/><\/a>Mon cher Marcel,<\/p>\n<p>Je n\u2019ai pas eu le plaisir de te lire ce matin, hier au soir je n\u2019\u00e9tais plus \u00e0 esp\u00e9rer ; c\u2019est sans doute que tu n\u2019as pas eu le temps ou que le courrier est en retard.<br \/>\nComment te trouves-tu ? Ici la temp\u00e9rature s\u2019adoucit. Ce matin nous avons du brouillard.<br \/>\nHier je ne suis pas sortie, je n\u2019\u00e9tais pas tr\u00e8s en train. <span style=\"color: #993366;\">Que la maison est triste sans toi ! Le soir en regardant Yves dormir, si joli dans son petit lit, je ne peux m\u2019emp\u00eacher de pleurer en songeant que tu ne le vois pas. Je me sens le c\u0153ur serr\u00e9 et je ne peux m\u2019endormir ou si je m\u2019endors je me r\u00e9veille brusquement sans plus savoir o\u00f9 je suis. Ce doit \u00eatre nerveux.<\/span><br \/>\nAujourd\u2019hui je vais t\u00e2cher de faire quelques courses, cela me remuera un peu !<br \/>\nB\u00e9b\u00e9 est toujours bien gentil et pense bien <span style=\"color: #993366;\">\u00e0 son cher papa soldat.<\/span> Je ne sais si je le sortirai, car il fait tr\u00e8s humide. Il y a deux ou trois jours, on se plaignait du froid aujourd\u2019hui que le temp\u00e9rature est plus douce, c\u2019est parce qu\u2019il fait humide, on n\u2019est jamais content !<br \/>\n<strong>Quand cette horrible guerre finira-t-elle, mon Dieu !<\/strong><br \/>\nTu me mettras dans une de tes lettres l\u2019adresse exacte qu\u2019il faudra mettre sur la d\u00e9p\u00eache que nous t\u2019enverrons le moment venu, et tu seras bien gentil si tu le peux, si tu dois venir de nous r\u00e9pondre par d\u00e9p\u00eache pour que nous sachions que tu as re\u00e7u la nouvelle <span style=\"color: #999999;\">[L&rsquo;accouchement est imminent et le t\u00e9l\u00e9gramme est le moyen le plus rapide pour pr\u00e9venir Marcel de la venue de son deuxi\u00e8me enfant]<\/span>.<br \/>\nVeux-tu les manchettes bleues dont nous avons parl\u00e9 ?<br \/>\nJe vais aller porter ta lettre, j\u2019esp\u00e8re que tu as re\u00e7u mes autres lettres, et que tu es tranquille sur notre sort !<br \/>\n<span style=\"color: #993366;\">Je te quitte mon ch\u00e9ri, du moins je cesse de t\u2019\u00e9crire, mais ma pens\u00e9e elle te suit toujours. Chaque instant de la journ\u00e9e elle t\u2019accompagne ! Pas une chose que je ne fasse, pas un travail que je n\u2019entreprenne qui ne ram\u00e8ne ma pens\u00e9e vers toi ! Je ne sais comment te dire ce que je souffre d\u2019\u00eatre \u00e9loign\u00e9e de toi, je m\u2019attendais bien \u00e0 un chagrin, moi qui ne t\u2019avais jamais quitt\u00e9, mais je n\u2019aurai jamais cru que cela me ferait si mal. Par moment j\u2019ai le c\u0153ur si serr\u00e9 que je ne puis respirer, j\u2019ai beau me raisonner, songer \u00e0 nos tout petits, je ne peux surmonter mon mal. Dieu sait pourtant si j\u2019y mets toute ma volont\u00e9. Je t\u2019\u00e9cris des folies, tu n\u2019as pas besoin de t\u2019inqui\u00e9ter, il faut que te je te dise tout ce que je pense, tout ce que je ressens.<\/span> Allons au revoir mon aim\u00e9. <span style=\"color: #993366;\">A bient\u00f4t j\u2019esp\u00e8re de tes nouvelles, c\u2019est le seul moment de la journ\u00e9e auquel j\u2019esp\u00e8re. C\u2019est un peu de toi qui vient vers moi ! Je me sens moins seule moins triste, je les relis combien de fois tes lettres !<\/span><br \/>\nJe t\u2019embrasse bien tendrement.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">Tout \u00e0 toi.<br \/>\nEmilie<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #888888;\">[Ligne d\u2019Yves]<\/span> Bons baisers et meilleures caresses \u00e0 mon cher papa Marcel.<br \/>\nTon Yves.<\/p>\n<br \/><g:plusone size=\"\" href=\"https%3A%2F%2Flettresoubliees1418.fr%2Fwordpress%2F2011%2F04%2Flettre-du-17-fevrier-1917-demilie-sibaud%2F\"><\/g:plusone>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Vincennes, le 17 f\u00e9vrier 1917 Samedi matin &nbsp; Mon cher Marcel, Je n\u2019ai pas eu le plaisir de te lire ce matin, hier au soir je n\u2019\u00e9tais plus \u00e0 esp\u00e9rer ; c\u2019est sans doute que tu n\u2019as pas eu le &hellip; <a href=\"https:\/\/lettresoubliees1418.fr\/wordpress\/2011\/04\/lettre-du-17-fevrier-1917-demilie-sibaud\/\">Continue reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[4],"tags":[17,27,19,41,29,91],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/lettresoubliees1418.fr\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/366"}],"collection":[{"href":"https:\/\/lettresoubliees1418.fr\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/lettresoubliees1418.fr\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lettresoubliees1418.fr\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lettresoubliees1418.fr\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=366"}],"version-history":[{"count":8,"href":"https:\/\/lettresoubliees1418.fr\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/366\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":439,"href":"https:\/\/lettresoubliees1418.fr\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/366\/revisions\/439"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/lettresoubliees1418.fr\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=366"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/lettresoubliees1418.fr\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=366"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/lettresoubliees1418.fr\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=366"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}