{"id":1006,"date":"2011-09-17T10:39:14","date_gmt":"2011-09-17T08:39:14","guid":{"rendered":"http:\/\/lettresoubliees1418.fr\/wordpress\/?p=1006"},"modified":"2011-09-08T23:39:28","modified_gmt":"2011-09-08T21:39:28","slug":"lettre-du-21-avril-1917-au-soir-demilie-sibaud","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lettresoubliees1418.fr\/wordpress\/2011\/09\/lettre-du-21-avril-1917-au-soir-demilie-sibaud\/","title":{"rendered":"Lettre du 21 avril 1917 au soir d&rsquo;Emilie Sibaud"},"content":{"rendered":"<h4>Vincennes, le 21 avril 1917<br \/>\nSamedi soir 9h<\/h4>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mon ch\u00e9ri,<br \/>\nJe profite du calme de la nuit pour venir causer avec toi, s\u0153urette dort de son sommeil d\u2019ange, Yves vient lui aussi de clore ses paupi\u00e8res, quel silence ! <span style=\"color: #800080;\">Dehors le vent souffle, de temps en temps un tramway passe, le bruit qu\u2019il fait semble \u00e9norme. Je n\u2019aime pas entendre le bruit du tramway, cela me rappelle trop le temps o\u00f9 je t\u2019attendais ! Mon c\u0153ur se serre en entendant son timide. Je t\u2019\u00e9cris dans le salon sur notre vieux secr\u00e9taire, la lumi\u00e8re rose et tamis\u00e9e qui descend du lustre donne un joli ton aux meubles mais il manque ta ch\u00e8re pr\u00e9sence pour donner \u00e0 cette pi\u00e8ce le charme que j\u2019y trouvais il y a \u00e0 peine un an ! Notre cher int\u00e9rieur ! Est-ce samedi, cette veille de dimanche, je me sens m\u00e9lancolique, que je suis seule ce soir ! Mon ch\u00e9ri, mon aim\u00e9, j\u2019\u00e9prouve encore plus que les autres soirs, cette sensation de tristesse infinie o\u00f9 mon plonge ton absence. Quand les chers petits dorment, ne m\u2019occupent plus par leurs pr\u00e9sences, je me mets encore davantage \u00e0 penser, je tourne et retourne en ma t\u00eate ce dont on a parl\u00e9 hier \u00e0 Auteuil. Je r\u00e9fl\u00e9chis aux possibilit\u00e9s qui s\u2019offrent \u00e0 toi, je p\u00e8se le pour et le contre, j\u2019ai peur de demain et je voudrais pourtant y \u00eatre, je voudrais percer l\u2019avenir ! <\/span><br \/>\n<span style=\"color: #993366;\">Le vent souffle davantage, je songe qu\u2019autrefois blottie contre toi j\u2019aimais entendre gronder la temp\u00eate, j\u2019\u00e9tais prot\u00e9g\u00e9s. Ce soir au contraire le chant du vent me semble triste, c\u2019est \u00e0 moi de prot\u00e9ger !!! C\u2019est une consolation de voir nos chers tout petits, si calmes, leurs mignons visages semblent refl\u00e9ter le bonheur, ah si tu \u00e9tais pr\u00e8s de nous !<\/span><br \/>\nMais je te raconte pas mal de choses pour ne rien dire de s\u00e9rieux. Parlons de choses plus agr\u00e9ables par exemple j\u2019ai re\u00e7u \u00e0 3h ta longue lettre qui m\u2019a fait bien plaisir. <span style=\"color: #003366;\">Si les Anglais pouvaient dire vrai et que ce soit bient\u00f4t la fin !<\/span><br \/>\nL\u2019id\u00e9e de Delaunay ne serait pas si mal, si c\u2019\u00e9tait possible nous l\u2019avons aussi envisag\u00e9 hier, mais il faut toujours \u00eatre affect\u00e9 \u00e0 un r\u00e9giment avant. Ta conversation avec le capitaine semble n\u2019avoir pas \u00e9t\u00e9 trop d\u00e9sagr\u00e9able.<br \/>\nAujourd\u2019hui je n\u2019ai pas sorti petite Marcelle, il faisait trop frais, mais Yves est all\u00e9 au bois avec maman. Le barom\u00e8tre est remont\u00e9, l\u2019humeur est meilleure. J\u2019ai travaill\u00e9 toute l\u2019apr\u00e8s-midi aupr\u00e8s du berceau de s\u0153urette, toujours sage !<br \/>\nJe pense voir ta m\u00e8re demain, \u00e0 tout hasard, je lui ai fait envoyer 100k de bois hier par le fr\u00e8re de Madame Toussaint.<br \/>\nPour les berlingots, je crois que tu pourrais en rapporter une bo\u00eete \u00e0 Suzanne en venant.<br \/>\nAllons je te quitte mon ch\u00e9ri en t\u2019embrassant mille et mille fois.<br \/>\nTout \u00e0 toi.<br \/>\nEmilie<\/p>\n<p>Caresses de tes chers tout petits.<\/p>\n<br \/><g:plusone size=\"\" href=\"https%3A%2F%2Flettresoubliees1418.fr%2Fwordpress%2F2011%2F09%2Flettre-du-21-avril-1917-au-soir-demilie-sibaud%2F\"><\/g:plusone>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Vincennes, le 21 avril 1917 Samedi soir 9h &nbsp; Mon ch\u00e9ri, Je profite du calme de la nuit pour venir causer avec toi, s\u0153urette dort de son sommeil d\u2019ange, Yves vient lui aussi de clore ses paupi\u00e8res, quel silence ! &hellip; <a href=\"https:\/\/lettresoubliees1418.fr\/wordpress\/2011\/09\/lettre-du-21-avril-1917-au-soir-demilie-sibaud\/\">Continue reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[4],"tags":[17,141,27,104,29,239,234],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/lettresoubliees1418.fr\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1006"}],"collection":[{"href":"https:\/\/lettresoubliees1418.fr\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/lettresoubliees1418.fr\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lettresoubliees1418.fr\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lettresoubliees1418.fr\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1006"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/lettresoubliees1418.fr\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1006\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1013,"href":"https:\/\/lettresoubliees1418.fr\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1006\/revisions\/1013"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/lettresoubliees1418.fr\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1006"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/lettresoubliees1418.fr\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1006"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/lettresoubliees1418.fr\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1006"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}