{"id":972,"date":"2011-08-22T11:15:58","date_gmt":"2011-08-22T09:15:58","guid":{"rendered":"http:\/\/lettresoubliees1418.fr\/wordpress\/?p=972"},"modified":"2011-08-15T22:17:23","modified_gmt":"2011-08-15T20:17:23","slug":"lettre-du-16-avril-1917-demilie-sibaud","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/lettresoubliees1418.fr\/wordpress\/2011\/08\/lettre-du-16-avril-1917-demilie-sibaud\/","title":{"rendered":"Lettre du 16 avril 1917 d&rsquo;Emilie Sibaud"},"content":{"rendered":"<h4>Vincennes, le 16 avril 1917<br \/>\nLundi matin<\/h4>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mon ch\u00e9ri,<br \/>\nJe viens de recevoir ce matin ta lettre du 12 avril, je vois que l\u2019on parle d\u00e9j\u00e0 de permission ! Comme le temps passe ! bien long \u00e0 certain point de vue et trop court pour d\u2019autres.<br \/>\nHier apr\u00e8s-midi, pluie, aussi nous ne sommes pas sortis, les heures ont pass\u00e9 lentes et grises, triste dimanche !<br \/>\nIl n\u2019est plus question du rhume de s\u0153urette, ni de l\u2019indisposition d\u2019Yves heureusement.<br \/>\nMaman aussi va mieux mais elle est toujours tr\u00e8s fatigu\u00e9e et tr\u00e8s \u00e9nerv\u00e9e ; son caract\u00e8re s\u2019en ressent. Heureusement que je n\u2019y porte gu\u00e8re attention, j\u2019ai d\u2019autres soucis en t\u00eate. Quand je reste silencieuse, \u00e7a ne va pas ; quand je parle, alors c\u2019est pour discuter ; cela me fatigue, j\u2019y renonce ! Il faudrait parler continuellement de provisions, de charbon, de pommes de terre, etc. J\u2019ai la t\u00eate autre part, d\u00e9j\u00e0 en temps normal je parle assez peu de toutes ces petites choses, mais maintenant encore bien moins. Avec cela nous n\u2019avons pas du tout la m\u00eame fa\u00e7on de voir et de penser, en somme je suis tr\u00e8s seule sans en avoir l\u2019air. Heureusement que j\u2019ai nos chers tout petits et les souvenirs des jours heureux pass\u00e9s pr\u00e8s de toi, sans quoi j\u2019aurai de v\u00e9ritables moments de d\u00e9sesp\u00e9rance. Maman a bien chang\u00e9 ces derni\u00e8res ann\u00e9es ! Je sais bien que la vie n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s bonne pour elle, mais chacun a ses peines et ce n\u2019est pas parce que jusqu\u2019ici j\u2019avais \u00e9t\u00e9 heureuse, que j\u2019en ressens moins la douloureuse de la situation pr\u00e9sente au contraire. Et bien je t\u2019assure que je ne me plains jamais et qu\u2019\u00e0 l\u2019encontre de maman, la peine morale m\u2019emp\u00eache de penser aux petits inconv\u00e9nients, \u00e0 la fatigue de la vie maternelle. Non, je me dis, s\u2019il n\u2019y avait que \u00e7a, comme on pourrait \u00eatre heureux ; l\u2019argent ne fait pas le bonheur, la vie sera un peu plus dure qu\u2019autrefois forc\u00e9ment, mais cela n\u2019est rien, que nous soyons tous r\u00e9unis bient\u00f4t, que j\u2019ai ta ch\u00e8re pr\u00e9sence et je m\u2019estimerais tr\u00e8s heureuse.<br \/>\nMais parlons du pr\u00e9sent. N\u2019as-tu pas d\u2019autres tuyaux quant aux affectations. Et pour ta permission, mois aussi j\u2019aimerais mieux que tu passes par Clermont. Je ne serai pas f\u00e2ch\u00e9e qu\u2019Oncle Emile te donne une consultation et te voit un peu question sant\u00e9.<br \/>\nJe vais emmener Yves porter ta lettre. Notre vie est toujours \u00e0 peu pr\u00e8s la m\u00eame, le matin je baigne les enfants, petit-d\u00e9jeuner, un tout petit peu de m\u00e9nage, je m\u2019habille, j\u2019\u00e9cris ta ch\u00e8re lettre, et nous allons la porter avec Yves, apr\u00e8s le d\u00e9jeuner promenade au soleil, retour \u00e0 la maison, go\u00fbter, un court instant de couture, le d\u00eener vient vite et coucher, cela semble un programme bien simple et peu charg\u00e9, et bien pourtant il ne faut pas perdre une minute pour l\u2019accomplir et encore pas aussi compl\u00e8tement que je d\u00e9sirerais.<br \/>\nJe te quitte mon ch\u00e9ri en t\u2019embrassant mille et mille fois.<br \/>\nTout \u00e0 toi.<\/p>\n<p>Emilie<\/p>\n<p>Bonnes caresses et gros baisers de petite mama et de grand Toto.<\/p>\n<br \/><g:plusone size=\"\" href=\"http%3A%2F%2Flettresoubliees1418.fr%2Fwordpress%2F2011%2F08%2Flettre-du-16-avril-1917-demilie-sibaud%2F\"><\/g:plusone>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Vincennes, le 16 avril 1917 Lundi matin &nbsp; Mon ch\u00e9ri, Je viens de recevoir ce matin ta lettre du 12 avril, je vois que l\u2019on parle d\u00e9j\u00e0 de permission ! 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