{"id":379,"date":"2011-04-20T11:49:19","date_gmt":"2011-04-20T11:49:19","guid":{"rendered":"http:\/\/lettresoubliees1418.fr\/wordpress\/?p=379"},"modified":"2011-04-13T09:12:57","modified_gmt":"2011-04-13T09:12:57","slug":"lettre-du-18-fevrier-1917-demilie-sibaud","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/lettresoubliees1418.fr\/wordpress\/2011\/04\/lettre-du-18-fevrier-1917-demilie-sibaud\/","title":{"rendered":"Lettre du 18 f\u00e9vrier 1917 d&rsquo;Emilie Sibaud"},"content":{"rendered":"<h4>Vincennes, le 18 f\u00e9vrier 1917<br \/>\nDimanche matin<\/h4>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mon cher Marcel,<br \/>\nJ\u2019ai eu le plaisir de te lire ce matin, j\u2019ai re\u00e7u te carte lettre du 13 et hier au soir 3h je t\u2019avais lu aussi ta carte lettre dat\u00e9e du 14 par toi et du 15 par la poste.<br \/>\nJe suis bien heureuse que tu es enfin re\u00e7u de nos nouvelles, tu as bien fait de prendre une chambre, \u00e9cris-moi aussit\u00f4t que tu auras besoin d\u2019argent. Ce qui est ennuyeux c\u2019est que tu ne sois pas chauff\u00e9 ! Enfin esp\u00e9rons que les beaux jours viendront bient\u00f4t !<br \/>\nIci comme je te le disais dans mes derni\u00e8res lettres la temp\u00e9rature s\u2019est consid\u00e9rablement radoucie, voici deux jours qu\u2019il pluviote. <span style=\"color: #993366;\">Pour moi je ne m\u2019en plains pas, c\u2019est plut\u00f4t pour vous que cela doit \u00eatre p\u00e9nible de patauger comme cela dans la boue. Ces longues man\u0153uvres m\u2019effraient, comme tu dois \u00eatre las ! Ce d\u00e9jeuner si \u00e9loign\u00e9 de votre repas du soir te suffit-il ? Ne pourrais-tu prendre une petite collation vers 5 heures.<\/span><br \/>\nEnfin ta chambre \u00e0 toi seul te permettra du moins d\u2019\u00eatre tranquille pour travailler, pourvu que ce travail certain n\u2019aille pas te d\u00e9molir !<br \/>\n<span style=\"color: #993366;\">Ce qui est dr\u00f4le, c\u2019est que n\u2019importe o\u00f9 tu vas, tu as toujours \u00e0 faire !<\/span> Exemple la [?] ! le bureau \u00e0 Maisse ! Il y a des personnes qui ont toujours la chance de n\u2019avoir rien \u00e0 faire, ce n\u2019est pas ton cas !!!<br \/>\nTu ne me parles plus de Morel ni du zouave ; ils ne sont sans doute pas avec toi. En revanche tes conversations avec un missionnaire c\u2019est tout \u00e0 fait \u00e9difiant. Est-ce que soldat comme toi ?<br \/>\n<span style=\"color: #993366;\">Oui, Toto a de la m\u00e9moire et surtout la m\u00e9moire du c\u0153ur, car chaque jour il me parle de toi. Il voudrait t\u2019envoyer des choses, des choses ! Il craint que tu n\u2019aies pas \u00e0 manger ! A d\u2019autres moments, il voudrait t\u2019envoyer ses chandails, ses gants de peur que tu ne souffres du froid.<\/span> Il devient plus affectueux de jour en jour, il cause s\u00e9rieusement, ce qui ne l\u2019emp\u00eache pas d\u2019\u00eatre le rieur et le farceur que tu connais bien. <span style=\"color: #993366;\">Je bavarde de toutes ces petites choses, pensant qu\u2019elles seront pour toi un peu de nous, de notre vie ! de notre petite existence bien terne h\u00e9las ! sans ta pr\u00e9sence parmi nous, quel vide mon aim\u00e9 ton d\u00e9part a fait dans notre chez nous.<\/span> Je suis oblig\u00e9e de faire un gros effort, ce dimanche, pour me d\u00e9cider \u00e0 sortir Yves. Je t\u2019\u00e9cris de notre chambre, vu la douce temp\u00e9rature, nous avons fait du feu l\u00e0, j\u2019y suis plus seule, plus tranquille pour t\u2019\u00e9crire. <span style=\"color: #993366;\">Du moment que je ne t\u2019aie pas pr\u00e8s de moi, je n\u2019aspire qu\u2019\u00e0 \u00eatre tout \u00e0 fait seule, les autres pr\u00e9sences me p\u00e8sent ! du moins je puis laisser libre cours \u00e0 mon chagrin. Cela n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 mon caract\u00e8re de me distraire lorsque pour une raison ou une autre j\u2019ai de la peine. J\u2019aime encore mieux mas solitude que de vagues consolations qui n\u2019en sont pas d\u2019ailleurs pour moi !<\/span><br \/>\nMais parlons de toi moi ch\u00e9ri. Je vois qu\u2019en somme le capitaine C. semble plut\u00f4t t\u2019ignorer, il est vrai qu\u2019il n\u2019y a pas bien longtemps que les cours sont commenc\u00e9s. M. [?] s\u2019\u00e9tait tromp\u00e9 en ce qui concernait l\u2019officier dont il t\u2019avait parl\u00e9 ! Je viens de recevoir une lettre de Pinon pour toi, je la joins \u00e0 celle-ci, tu me pardonneras de l\u2019avoir ouverte, l\u2019id\u00e9e ne m\u2019\u00e9tait pas venu qu\u2019elle t\u2019\u00e9tait adress\u00e9e et j\u2019avais l\u2019id\u00e9e si loin de Pinon !<br \/>\nTes cartes lettres de Valr\u00e9as ont un cachet particulier. En ce qui concerne le papier que tu me demandes je vais l\u2019envoyer mais je ne veux pas faire un paquet rien que pour cela, je voudrais y joindre quelque chose.<br \/>\nDis-moi aussi comment tu pr\u00e9f\u00e8res que je t\u2019envoie ton argent en mandat carte ou en lettre charg\u00e9e ?<br \/>\nAllons, je te quitte mon ch\u00e9ri en attendant le plaisir d\u2019avoir de tes bonnes nouvelles. Je t\u2019embrasse bien tendrement et crois qu\u2019en cette journ\u00e9e de dimanche particuli\u00e8rement ma pens\u00e9e sera toute vers toi ! que ne puis-je terminer ma lettre !<br \/>\nTout \u00e0 toi.<br \/>\nEmilie<\/p>\n<p><span style=\"color: #888888;\">[Ligne d\u2019Yves]<\/span> Bon baisers \u00e0 mon papa, un mot pour te dire que je suis bien sage, pan ! Au revoir mon papa ch\u00e9ri, \u00e0 bient\u00f4t d\u2019avoir de tes nouvelles.<br \/>\nTon petit Yves<\/p>\n<br \/><g:plusone size=\"\" href=\"http%3A%2F%2Flettresoubliees1418.fr%2Fwordpress%2F2011%2F04%2Flettre-du-18-fevrier-1917-demilie-sibaud%2F\"><\/g:plusone>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Vincennes, le 18 f\u00e9vrier 1917 Dimanche matin \u00a0 Mon cher Marcel, J\u2019ai eu le plaisir de te lire ce matin, j\u2019ai re\u00e7u te carte lettre du 13 et hier au soir 3h je t\u2019avais lu aussi ta carte lettre dat\u00e9e &hellip; <a href=\"http:\/\/lettresoubliees1418.fr\/wordpress\/2011\/04\/lettre-du-18-fevrier-1917-demilie-sibaud\/\">Continue reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[4],"tags":[17,105,27,100,41,29,35,28],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/lettresoubliees1418.fr\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/379"}],"collection":[{"href":"http:\/\/lettresoubliees1418.fr\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/lettresoubliees1418.fr\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/lettresoubliees1418.fr\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/lettresoubliees1418.fr\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=379"}],"version-history":[{"count":3,"href":"http:\/\/lettresoubliees1418.fr\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/379\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":423,"href":"http:\/\/lettresoubliees1418.fr\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/379\/revisions\/423"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/lettresoubliees1418.fr\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=379"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/lettresoubliees1418.fr\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=379"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/lettresoubliees1418.fr\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=379"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}